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mardi 23 mars 2010

Comment les collectivités peuvent gagner sur plusieurs tableaux grâce à un approvisionnement local des cantines

  • Elles améliorent la santé des enfants des habitants de leur région,
  • elles répondent à des préoccupations des électeurs qui vont s'accentuer dans le futur
  • elles tissent des liens étroits avec des acteurs économiques importants: les agriculteurs locaux
  • elle s'assurent à elle-même, sur leur territoire, une garantie de revenus.
Comment ?
"Depuis les réformes du Code des marchés publics de 2004 et 2006, les collectivités peuvent en effet imposer un approvisionnement biologique.

Ainsi, à Brest, la municipalité a discuté plusieurs années avec Sodexo pour négocier en 2005 une convention.
Les cantines brestoises servent depuis trois ans en permanence quelques aliments biologiques comme le pain, certains légumes et fruits, les laitages.
Le gestionnaire affecte 20 % de son budget à l'achat de l'alimentation biologique, soit 900.000 repas.
Sodexo s'efforce d'acheter dans la région le maximum de produits, soit environ 400.000 euros dépensés localement. (...)"

Ce qui créée des revenus locaux.

"Si une grande majorité affrontent des surcoûts de 20 % en moyenne, 14 % des établissements interrogés par l'étude de l'agence Bio réussissent à servir des repas biologiques de même valeur nutritionnelle pour le même coût."

Lire la suite

On ne peut donc plus croire lorsqu'il nous est répondu que mettre du bio, du local dans les marchés publics c'est impossible
et
que la cantine bio c'est forcément plus cher.
Il suffit d'aller se renseigner là où cela a déjà été expérimenté.

dimanche 14 février 2010

Des communes qui se regroupent en association pour offrir du bio à la cantine

En octobre 2009, 6 municipalités
  • Capdenac,
  • Decazeville,
  • Millau,
  • Onet-le-Château,
  • Rodez
  • et Saint-Affrique,
ont souhaité conjointement mettre en place une restauration scolaire de qualité et se réunir afin d' agir ensemble pour le développement d'une filière d'approvisionnement en produits biologiques.

Au lieu de se contenter comme d'autres de dire "c'est impossible de trouver du bio", ces municipalités semblent prendre la question à l'endroit en s'occupant du "comment faire ?" et en prenant conscience de leur rôle et de leur impact sur l'agriculture locale.

Plus d'infos

Et pour ceux qui disent aussi "c'est trop cher", Millau là encore montre l'exemple. Depuis le 1 er janvier 2010, la Ville a opté pour de nouveaux tarifs de restauration scolaire favorisant les familles à faibles revenus, afin qu'elles aient aussi (et surtout) accès à une restauration de qualité si importante pour la santé des enfants.
  • Pour les tranches 1 et 2, correspondant aux quotients les moins élevés, les tarifs baissent respectivement de 0,50 et de 0,20 €, ce qui porte le prix des repas à 1,65 et 2,45 €.
  • En revanche, pour les tranches supérieures, les tarifs augmentent, entre 0,12 et 0,77 €, portant le prix maximum à 5 €.

lundi 18 janvier 2010

Cantines bio à Marseille: appel d'offres

Comme vous le savez surement, la ville de Marseille prépare le nouvel appel d'offre pour désigner la société qui assurera la fourniture des repas pendant 7 ans (à partir de la rentrée 2011).

Un marché parmi les plus gros d’Europe !
Imaginez ce que cela peut signifier au niveau économique et agricole

Nous avons jusqu'au mois de juin pour nous faire entendre...

Un réseau d'action et d'échange sur ce sujet a donc été constitué. C'est l'action de tous qui permettra d'avancer, en proposant et en agissant pour une meilleure qualité de restauration dans les écoles.

Rejoignez-nous !

Que vous soyez parents, futurs parents (dans les 7 ans vous aurez peut-être un enfant ?), grand-parents, agriculteurs, écolos convaincus ou pas encore, sceptiques...rejoignez nous.
Vous y apprendrez les raisons qui nous poussent à agir, les incidences sur la santé de nos enfants, sur l'économie locale, sur l'agriculture, sur la nourriture de tous.

Il sera trop tard après

Une liste de diffusion a été créée :

Cette liste est ouverte à toutes celles et ceux qui veulent échanger sur ce sujet.

En voici les modalités :

Envoyer un message : cantinesmarseille@yahoogroupes.fr
S’inscrire : cantinesmarseille-subscribe@yahoogroupes.fr
Désinscription : cantinesmarseille-unsubscribe@yahoogroupes.fr
Fondateur de la liste : cantinesmarseille-owner@yahoogroupes.fr

mercredi 20 mai 2009

A Nîmes, Avenance est "renvoyé"

Midi Libre 13 mai 2009:

"Avenance enseignement et santé qui s'était vu confier, depuis 2002, par délégation de service public, la gestion de la restauration scolaire, (environ 1 million de repas par an) sera remplacée dès le 31 août prochain,..."

Une nouvelle d'importance qui montre que l'on peut changer les choses...par contre, la suite est un peu moins rassurante:

"... par la société Sodexo éducation ."

Il s'agit toujours des 2 mêmes grands acteurs du marché.
Cependant, là où l'on voit bien que c'est le "client" (municipalité, entreprise) qui défini les règles, donc qui est responsable (cela ne veut pas dire coupable, mais acteur, conscient, décisionnaire)

"Parmi les huit sociétés qui ambitionnaient de préparer, livrer et servir les menus dans la cinquantaine de cantines scolaires de la ville, Sodexo, une société spécialisée en restauration collective a proposé la meilleure offre. Tant au niveau de la qualité des repas que de la diversité des produits avec, sur un mois ordinaire,
  • 17 repas scolaires sur 20 accompagnés de produits issus d'agriculture biologique en filière courte.
  • Par ailleurs, le futur prestataire s'est engagé à ne préparer que des viandes labelisées : label rouge, viande AOC, volaille certifiée...
  • Concernant les travaux réalisés sur la cuisine centrale et les restaurants scolaires qui devraient améliorer notablement le confort de la pause déjeuner, Sodexo s'est engagée à investir 2,434 M€ contre 2,331 M€ pour son principal concurrent, Avenance ."

mardi 14 avril 2009

Pourquoi passer au bio est si compliqué ?

02/03/2009 Terra Economica
en 2007, sur 1,15 milliard de repas scolaires servis, seuls 5,7 millions comptaient au moins 1 ingrédient bio.

Les différentes phases pour arriver à passer la cantine scolaire en bio:

"Convaincre l’élu. Nombreux sont les décideurs qui s’en lavent les mains. Pourtant, c’est bien à eux qu’il revient de choisir le bio. Car la gestion des cantines en primaire dépend des mairies, en collège, des conseils généraux, et en lycée, des conseils régionaux."

"Trouver les produits c'est encore difficile, normal avec à peine 2% de surface cultivée dans l’Hexagone en bio , les produits ne sont pas légion. L’objectif des 20 d’aliments biologiques dans la restauration collective en 2012 fixé par le gouvernement risque fort de passer d’abord par des importations massives.
A Brest, la cuisine centrale, qui officie pour toutes les écoles primaires de la ville finistérienne, sert près d’un million de repas par an. En 2007, la mairie a inscrit 11 aliments bio dans le cahier des charges de son prestataire, la Sodexo. Faute de fournisseurs proches, les 17 tonnes de carottes annuelles sont donc venues d’Italie, les pommes de terre d’Espagne et des Pays-Bas. « Un comble dans un département maraîcher ! », relève Thierry Velly, responsable du service périscolaire de Brest. Cependant, l’an passé, deux producteurs du Nord-Finistère ont sauté le pas. Résultat : l’un cultive désormais 8 00 m2 de carottes bio et l’autre fournit les pommes de terre."

Ce qui semble totalement illogique lorsque l'on sait que des paysans sont prêts, que la demande est là, mais qu'il manque juste les terres...N'est-ce pas aussi une mission que doivent remplir nos élus en favorisant les installations de producteurs bio ?
Sinon vous pouvez toujours acheter vous même votre part grâce à Terre de Liens.

"Rester dans ses frais. La solution : équilibrer différemment le menu en remplaçant, par exemple, une partie des protéines animales par des légumineuses. Un nouveau régime pas facile à avaler pour les parents."

"Convertir son public. A Montigny-le-Bretonneux, Martine Bonnet parle « environnement » aux ados qui se fichent pas mal de leur santé. Chez les plus jeunes, c’est le goût qui reste déterminant. A Brest, les carottes bio ont finalement convaincu et la consommation de salade de ce type a doublé."

"Le forcing des parents .Un soir, après le conseil municipal, elles ont pris la parole pour réclamer du bio dans les deux cantines de la commune. Les élus de Gétigné, 3 00 habitants, à 20 km de Nantes (Loire-Atlantique), ont été décontenancés par ces huit mamans organisées en collectif et ultramotivées. Car pour faire bouger les choses, il faut se faire entendre des édiles sans attendre le prochain appel d’offres qui scellera les menus des mouflets pour plusieurs années. La démarche de ce collectif pourrait bien trouver un large écho dans les rangs des mères."

"Suivez les guides
L’association Un Plus bio réunit des gestionnaires,des élus et des parents qui s’impliquent et innovent dans la restauration collective bio. Sur son site, des témoignages et des outils.

Des producteurs de la Fédération nationale d’agriculture biologique ont créé leur plateforme dédiée à la cuisine en collectivité. Au menu, des idées de repas alternatifs ou des explications sur le fonctionnement des marchés publics."

lundi 9 février 2009

Redéfinir un cahier des charges

(...) « Les cinq sites pilotes que nous suivons en Pays de la Loire, indique Rémi Gachenot, chargé de mission à Inter Bio Pays de la Loire, servent environ 36 000 repas complets par an. Mais le nombre de repas contenant partiellement du bio y est passé de 169 500 en 2006 à 345 900 en 2008. »
(...)

Dans les collèges vendéens, le coût des denrées non bio représente 1,54 € par repas. En bio, ce serait autour de 1,85 à 1,90 €. Selon Xavier Elices Diez, conseiller restauration au conseil général de Vendée, « ce surcoût peut être en partie compensé par de meilleurs rendements en cuisson et la lutte contre le gaspillage. On peut aussi travailler à réduire les charges annexes d'énergie, de matériels de cuisson ou de lavage et réinvestir les économies réalisées dans l'achat d'aliments bio. »

Qu'en est-il des marchés publics ?

La réglementation autorise les responsables à privilégier le bio, mais pas l'approvisionnement local. « Avec la reconnaissance du développement durable, cette position s'assouplit. Il y a aussi tout un vocabulaire à bien manier dans les appels d'offres pour aller dans ce sens », note Éric Grunewald de la Fédération nationale de l'agriculture biologique.
  • Février 2009: Pontivy (Ouest france)
La ville et le CCAS, Centre communal d'action sociale, lancent ensemble un nouveau marché public de restauration collective. Ça concerne plus de 200 000 repas chaque année.
Appel d'offres pour six ans.

La ville et le CCAS font chacun appel à un prestataire extérieur pour leur restauration collective. La convention arrivant à terme, un nouveau contrat va être signé pour 6 ans à l'issue d'un nouvel appel d'offres. En créant un groupement de commandes, les deux entités peuvent en demander plus à l'entreprise qui décrochera le marché.(...)

Exigence de qualité.

Le cahier des charges devient plus contraignant.
  1. Le prestataire devra proposer des menus sur quatre semaines.
  2. Les tableaux qui les présenteront devront indiquer les grammages (le poids d'une pièce de viande n'est pas le même s'il est destiné à un adulte ou un enfant),
  3. les valeurs nutritionnelles,
  4. le mode de fabrication des aliments,
  5. l'origine de la production,
  6. les labels, etc.
  7. La volaille sera labellisée.
  8. Les légumes seront « en priorité d'origine bio », dit le rapport de la commission restauration municipale.
Il réaffirme aussi « le maintien du bio au niveau du pain et des produits laitiers ». Les denrées utilisées devront être composées d'au moins 75 % de produits frais et non plus 50 %.(...)
L'objectif est de commencer la nouvelle période de six années le 3 juillet. Actuellement, le pain et les produits laitiers (yaourts, fromage blanc, petits-suisses, fromages) sont bio tous les jours et un repas bio est servi chaque mois. Le nouveau cahier des charges part sur un autre principe : celui d'intégrer en permanence plus d'éléments bio ou de qualité dans la cuisine municipale.


vendredi 6 février 2009

Gestion publique ou gestion privée des cantines ?

Depuis quinze ans, à Rouen, la restauration scolaire est assurée par une entreprise. Le contrat arrive à terme. La Ville suivra-t-elle l'exemple de la régie havraise ? Est-il possible, souhaitable, de gérer publiquement l'achat de denrées, la production et la distribution des repas dans les cantines ? La question se pose.
Le contrat qui lie la Ville à Avenance arrivera à échéance en juillet 2010. Pour le moment, Rouen hésite encore. Deux scénarios sont à l'étude : continuer de confier à une entreprise privée le soin de préparer les repas (délégation de service public) ou faire assurer cette compétence par les services municipaux (régie directe).

Certaines villes normandes ont déjà fait le choix d'une gestion publique. Le Havre, actuellement dirigé par Antoine Rufenacht (UMP), fonctionne de cette manière depuis 2003. Aujourd'hui, pas question de revenir en arrière. « Nous avons repris la gestion en direct pour des questions juridiques mais aussi parce que certaines irrégularités dans la gestion financière avaient été constatées », indique Brigitte Dufour, adjointe au maire à la famille. L'élue se dit satisfaite de ce nouveau système : « Il est un peu plus cher qu'avec une entreprise privée. Mais au niveau qualité, il n'y a rien de comparable. »
(...)
La nouvelle équipe rouennaise aimerait généraliser la nourriture bio dans les écoles, en s'appuyant sur les producteurs locaux. Problème : actuellement, en Haute-Normandie, seul 0,4 % de la surface agricole utile se trouve concernée par l'agriculture biologique.
Particularité havraise : chaque école dispose de sa propre cuisine et de son propre chef : « Les aliments sont acheminés et préparés sur place. Si les menus sont les mêmes, la patte du cuistot a son importance. Il y a un rapport direct entre les équipes, les enseignants et les écoliers. »